C’était l’été de 1973. Je venais de fêter mes dix-huit ans. Enfin majeur et libre de mes gestes, l’avenir s’annonçait radieux. Ha! Ne plus avoir de comptes à rendre à mes parents, ni de couvre-feu à respecter. J’avais la ferme intention de profiter de ma nouvelle majorité pour aller boire un verre dans un bar et, bien sûr, y rencontrer des hommes qui aiment les plaisirs défendus. Depuis mon adolescence, les hommes mûrs sont la source de mes phantasmes. Étrangement, les garçons de mon âge me laissent complètement indifférent. Je laisse aux thérapeutes le soin d’expliquer la cause profonde de ce désir.
C’est bien simple, le corps d’un homme viril et poilu me chamboule et me hante. Pour ma part, je suis physiquement tout le contraire. On me donne à peine seize ans avec ma sveltesse, mes cheveux blonds bébé et mes yeux verts délavés. J’ai beau être mince, j’ai quand même de jolis courbes, surtout au niveau de mes fesses qui sont légèrement potelées et de mes pectoraux qui, si je m’en donnais la peine, seraient
bien plus importants.
À cette époque, un des endroits le plus populaire était la taverne du Vieux Port. Un endroit presque louche, fréquenté par une clientèle variée. Parmi celle-ci on retrouvait beaucoup de marins en permission, débarqués de navires amarrés aux quais. Le prix de la bière y était très raisonnable, ce qui y attirait beaucoup de chômeurs, d’ouvriers et de jeunes sans fortune. J’en avais entendu parler par un de mes oncles qui travaillait au port comme débardeur. Mon oncle Bertrand, un homme grand, musclé et extrêmement poilu, m’en avait soufflé mot. Comme il parlait peu, se limitant souvent à grogner quelques paroles, il avait quand même réussi à m’insuffler le désir de m’y rendre. J’avais déduit que c’était un repaire d’homosexuels car mon oncle s’était bien tenu de me révéler les mÅ“urs de la clientèle. Quel oncle ! Quel mystérieux personnage. Dans la famille, on ne le fréquentait pas. On ne le voyait qu’aux temps des fêtes. Il faut dire qu’il avait une mine un peu inquiétante avec ses traits durs et cette longue cicatrice qui lui balafrait la joue gauche.Â
Son air de brute effrayait tout le monde, mais moi il m’excitait terriblement… Pour toute la veillée, en bon célibataire, il s’installait dans un coin du salon, sirotant sa bière en regardant les invités danser. Moi, je me cachais derrière l’arbre de Noël pour l’épier en cachette. Par l’entrebâillement de sa chemise à carreaux, je plongeais mes yeux sur son torse fort et velu. Cette simple vision provoquait toujours, chez moi, des érections douloureuses que je calmais en me masturbant frénétiquement le soir, l’imaginant qu’il m’oblige à lui sucer la queue.
Bertrand, qu’on appelait aussi Burt, me parlait à peine et évitait mes regards. Sans doute devinait-il l’émoi que provoquait en moi sa présence animale. Depuis l’âge de dix-sept ans qu’il travaillait comme débardeur. Inutile de dire que ce travail à la dure lui avait forgé un physique à tout rompre. Personne n’osait se risquer à un bras de fer avec lui. Personne, non plus, n’aurait osé insinuer quoi que ce soit au sujet de ses penchants. C’est au cours d’une de ses rares conversations avec mon père que je l’entendis raconter qu’il allait parfois boire de la bière à la taverne du Vieux Port, une taverne à marins et débardeurs, à la fin de son quart.Â
Je fermais les yeux, imaginant un ramassis de grosses brutes buvant leur bock de bière, se gratter les couilles en racontant des histoires cochonnes. Par une chaude soirée de septembre, j’étirai le pas jusqu’au vieux port afin de me rendre dans ce lieu mythique que me semblait la taverne. J’ouvris la porte sur une salle. L’endroit était bondé, ma montre indiquait dix-sept heures. Les travailleurs, leur journée achevée, s’en donnaient à cœur joie autour des tables remplies à ras bord de verres de bière. Maladroit et intimidé, j’essayais de prendre l’attitude d’un habitué des tavernes. Une chaise semblait disponible tout au fond de la salle près de la porte des toilettes. Je m’y suis assis et j’ai fait signe de me servir. Le serveur, une fois mes papiers vérifiés, déposa une grosse Molson sur ma table. Plusieurs des hommes présents dans la salle me jetaient des regards à la dérobée. J’avais beau scruter, je ne voyais pas l’ombre d’un Burt.
Une heure passa. Déçu, je décidai de terminer ma deuxième consommation et de rentrer à la maison. Mais le destin m’avait préparé une surprise. Un homme poussa la porte de la taverne, mon cœur fit trois tours. De haute taille, ne portant qu’une camisole blanche échancrée qui laissait voir sa large poitrine velue, des bras herculéens, le mâle parmi les mâles fit irruption dans la salle. Je n’en croyais pas mes yeux, cette gueule, ce torse et ce pantalon de toile qui ne laissait rien deviner de ces fesses bombées et de sa queue le long de la cuisse me firent m’étouffer. La bête parcourut des yeux la salle enfumée, me fixa quelques secondes avant de s’approcher de ma table. Au passage, sa main attrapa le dossier d’une chaise libre qu’il installa près de la mienne.
—How do you do, young dude ?, me lance-t-il.
Faiblement, je bredouillai quelque chose comme :
—Heu… I feel OK… Sir.
—Call me Luis, please.
Il me souriait dévoilant de belles dents blanches. Sa peau tannée affichait son origine méditerranéenne. Il me fit comprendre, dans un anglais à couper au couteau, qu’il venait d’Istanbul, qu’il naviguait depuis déjà trois mois. Il débarquait à l’instant de son bateau. Une excitation identique à celle que j’éprouvais à la vue de mon oncle me parcourut dans le bas des reins. Le désir d’en finir avec ma virginité me fit perdre toute prudence. Je l’interrogeais sur les fameux bains turcs .
—Did you go in these places ?
—The Hamann, précisa-t-il, yes I went there a lot of times.
Tant bien que mal, on réussissait à se comprendre. Pendant les explications de mon Simbad, j’en profitais pour me repaître de ses charmes, de la vue de son corps si costaud, de ses rires chauds et gutturaux. De fil en aiguille, de bière en bière, je me retrouvai passablement saoul. Lui, par contre semblait ne pas subir les effets de l’alcool. Une envie de pisser m’obligea à m’excuser.
—I have to go too, rétorqua-t’il, en me suivant.
Luis pris place dans l’urinoir voisin du mien. Il fit coulisser la fermeture éclair de son pantalon et sortit son pénis. Jamais, je n’avais vu une si grosse queue, une incroyable touffe de poils noirs frisés coiffait cette énorme bite au gland en forme de champignon. Son jet d’urine giclait abondamment sur la porcelaine. Il me fixait en me souriant, puis il baissa ses yeux vers mon propre pénis qui affichait une érection qui ne laissait aucun doute sur mes sentiments. Mon marin possédait une extravagante queue qui approchait les dix pouces desquels, en dessous, deux énormes couilles pendaient bas. Alors que je fixais sa bite, Luis, l’écume aux lèvres, s’excitait sur la rondeur de mon cul. Sa main droite s’allongea jusqu’à mes fesses. De son autre main qu’il portait à sa bouche, il imitait quelqu’un qui suçait une queue imaginaire. Le cÅ“ur en chamade, je réalisais qu’il m’offrait le grand bonheur de le sucer. C’est étrange comme les odeurs marquent les souvenirs. Dans cette toilette
douteuse, les relents d’urine mêlés de transpiration et de boule à mite créaient une atmosphère propice à la promiscuité que je ne pourrai plus jamais oublier. Il me poussa à entrer dans une cabine. La porte se referma sur nous. Son pantalon gisait sur ses chevilles, il me prit la nuque pour m’obliger à m’asseoir sur le bol de toilette.Â

D’un geste, il enleva sa camisole pour la déposer sur le couvercle de la cuvette. Mes mains caressaient ses pectoraux et ses abdominaux explorant chaque muscle sculpté par le dur travail de marin. Je fourrais mon visage dans la toison de ses pectoraux, de son ventre, de son pubis. J’humais à pleine narine son parfum de mâle en rut. Je lui empoignais le sexe gonfler dangereusement, prenant sa taille maximale. Il déposa ses testicules sur ma langue. Je soupesais les boules une à une, les léchant comme des fruits mûrs.
J’ouvris toute grande ma bouche afin d’engloutir, avec peine, son large gland. Je jouissais follement de cet instant. Je caressais d’une main ses énormes burettes en suçant de mon mieux son gland qui sécrétait une goutte que je ramassai du bout de la langue. Un parfum euphorisant de sexe se répandait dans la cabine. Ses jambes se mirent à trembler. De sa gorge s’échappaient de longs gémissements rauques, de sublimes lamentations de plaisir. Il me souffla à l’oreille qu’il n’avait pas joui depuis une semaine. Je redoublais d’ardeur pour lui donner le plaisir qu’il attendait de moi. Je réalisais, soudain, que je désirais plus que toute chose au monde qu’il déverse son sperme dans ma bouche. Affolé par la
jouissance, il donna un violent coup de poing dans le mur, puis quelques coups dereins qui enfoncèrent son gland profondément dans ma gorge.Â
Je faillis m’étouffer à quelques reprises mais je m’en foutais, je désirais son jus, son nectar, son essence de vie. Ses doigts se crispèrent dans mes cheveux, il se courba vers l’arrière, la bouche entrouverte, s’écartant de moi, sa main prit le relais et en quelques mouvements frénétiques il éjacula comme un damné. Ma bouche futaspergée par de multiples jets de sperme chaud. J’en étais littéralement inondé, ça dégoulinait de partout. J’en avais même sur le menton, sur les lèvres que je gardais ouvertes, heureux de ce grand déluge. Il se pencha sur moi pour me lécher la figure, avalant ainsi son propre sperme. Aucune goutte n’échappa à sa soif. J’esquissai un mouvement pour me relever mais Luis, fermement, me retint. Il glissa sur ses genoux, me relevant les jambes sur ses larges épaules.
—I want to lick your tender rose.
Tender rose ! Comme je planais déjà passablement, cette phrase, avec cet accent, dans ce lieu sordide me parut les plus beaux mots d’amour que l’on puisse dire à quelqu’un.
Sa langue glissait entre mes fesses, les mouillant de sa salive. Je crois que je n’avais jamais imaginé un geste semblable. Et pourtant ! La sensation me parut si extraordinaire que je me trouvais bête de n’y avoir pas songé. La pointe de sa langue tournait maintenant autour de mon anus en grands mouvements circulaires, puis lentement, elle força ma virginité qui ne résista pas à cette pénétration. Centimètre par centimètre, il glissait sa langue, ouvrant ainsi mon orifice. Il cracha plusieurs fois dans mon cul, lubrifiant ma cavité, y glissa un doigt,
puis deux, puis à nouveau la langue. Cet exercice me rendait ivre de plaisir. Dans notre espace exigu, Luis se déplaça avec une agilité étonnante et bientôt me fit comprendre à quoi il voulait en venir.
—I want to put my dick inside you, pretty baby !
Je crois que je blêmis. Comment espérait-il entrer une si grosse affaire par un col
aussi étroit ? C’était insensé.
—It’s… impossible ! You are so… big ! No. No. No.
Mais Luis ne semblait aucunement entendre mon argument et avec une dextérité surprenante arriva à appuyer son gland contre ma rondelle. Je savais d’ores et déjà que son idée était faite et qu’il était trop tard pour reculer. Trop tard pour jouer les vierges offensées ! Je serai plutôt une vierge enfoncée. Je m’agrippai au siège de toilettes comme aux accoudoirs de la chaise du dentiste en fermant les yeux et serrant les dents. Mon taureau freina son allure et doucement me caressa en disant :
—Smooth baby, don’t be stiff. I don’t want to hurt you.
Il m’embrassa longuement, ce qui me détendit. Alors que sa langue s’emmêlait à la mienne, je réalisai que son gros sexe s’introduisait petit à petit dans mon antre. Si bien que, sans trop comprendre comment il avait pour réussir cet exploit, sa bite était à demi engoncée dans mon fondement. Luis m’embrassait passionnément en me susurrant des mots agréablement vulgaires.
—You have a so nice tight ass, pretty baby. I’m proud to be the first. You’ll like it, I swear !
Complètement dans les vapes, je me laissais emporter par la marée. Sont-ce ses paroles qui m’ont fait oublier la douleur de cette première pénétration ou sa grande habileté à fourrer ? Je ne sais pas. Ce que je sais c’est qu’il a réussi à s’engouffrer complètement dans mon cul, jusqu’à la garde, jusqu’à ce que je sente ses couilles battre sur mes fesses. Bientôt, son engin entrait et sortait avec la plus grande aisance. Je m’abandonnai entièrement à ce plaisir, le laissant me chauffer la prostate qui envoyait des signaux à mon cerveau. Mon anus parfaitement dilaté, s’ouvrait comme une fleur à ce tendre viol qui me révélait ma véritable nature.
Sa langue me fouillait les oreilles, une main me pinçait les mamelons, l’autre me masturbait doucement. Je devais faire des efforts inouïs pour ne pas jouir. Il se retira de mon cul, puis, y plongea à nouveau la langue, crachant encore plusieurs fois pour me lubrifier et m’enculer de nouveau. La sueur coulait à grosses gouttes de son front. Ses puissants coups de reins enfonçaient son sexe encore plus profondément en moi, comme si c’eût été encore possible. Je me concentrais pour ne pas éjaculer, mais l’orgasme me frappa d’un coup, ma prostate stimulée par l’incessant va-et-vient me fit atteindre le summum de l’extase. Luis me pénétrait maintenant avec une fureur aveugle et, soudain, mon pénis se dressa, pointa le plafond, et cinq à six jets de mon sperme giclèrent contre le mur de la cabine, au-dessus de ma tête. De longs spasmes me
secouaient le corps.Â
Luis, dans un long râle en faisait autant, prestement, il a sorti sa queue de mon cul et m’a copieusement arrosé le ventre de son foutre. Pendant
un moment nous sommes restés enlacés puis, Luis, sans dire un mot, s’est redressé, a essuyé sa queue encore raide avec du papier de toilette. Il a remonté son pantalon, m’a embrassé sur la joue puis a quitté les lieux sans se retourner. Je restais là , assis sur le bol, le cul en feu à me demander si c’était vrai ce qui venait de m’arriver. Soudain, je remarquai que quelque chose avait échappé à mon attention. Dans la cloison qui séparait les deux cabines, on avait percé un trou. Trop jeune innocent, je ne savais pas que j’avais affaire à un «Glory Hole».
De plus, je constatai que quelqu’un se trouvait de l’autre coté et avait sûrement assisté à la perte de ma virginité. Saisi de panique, ne sachant trop que faire, je n’osais fuir. À ma grande surprise, une bite apparut dans l’orifice, pour glisser de tout son long de mon côté de la cloison. Une queue sortie de nulle part pendait là en demi-érection. Le prépuce recouvrait encore le gland.
—Suce-moé, entendis-je à voix feutrée.
Tant qu’à se dépuceler, me suis-je dit, aussi bien le faire pour vrai. Le pire c’est que cette queue n’avait rien à envier à la précédente, comme si tous les hommes de cette taverne étaient montés comme des ânes. Je la décalottai doucement puis glissai la pointe de ma langue sur toute la surface violacée. J’observai que le goût était plus agréable, légèrement moins épicé que celle de mon sodomite. À nouveau, le plaisir s’est réveillé et je me suis surpris à sucer cette queue anonyme avec autant de ferveur que celle de Luis. Comment avais-je pu me passer de ce
plaisir pendant tant d’années ?Â
Sa verge gonflait, se durcissait sous les caresses de ma langue. Fort de ma précédente expérience, je m’enhardissais et parvenais a l’engouffrer au fond de ma gorge jusqu’à ce que mon menton se plaque sur ses testicules qui pendaient avec grâce. Ses couilles devaient faire trois fois la taille des miennes ! L’inconnu a retiré sa queue de ma bouche me laissant croire qu’il désirait que je m’occupe de ses amourettes. Alors soit, je les ai d’abord léché et ensuite englouti, une à une, non sans mal. D’après les gémissements, je comprenais que l’inconnu appréciait le traitement. Je retournais à son gland que je suçais à bonne vitesse. Sur le point de jouir, il se retira d’un coup. Il déposa son cul contre le trou ovale, découvrant sa raie profonde et poilue, s’écartant doucement les fesses de ses doigts pour dégager sa pastille. J’approchai mon visage, humai le sentier menant à son trou. Je devinais qu’il mourrait d’envie de se faire bouffer le cul. Je l’agaçais en l’effleurant tout d’abord à peine, puis je plongeais la pointe de ma langue plus profondément pour le stimuler, j’allais et je venais en mouvements saccadés. Luis m’avait bien appris. Les lamentations de l’autre côté du mur me prouvaient que j’étais un très bon élève.
Je me suis relevé et j’ai glissé à mon tour ma queue dans le «Glory Hole». La bouche aspira mon sexe entre des lèvres avides dans un mouvement de succions qui me fit jouir immédiatement. J’éjaculais abondamment dans cette bouche sans visage mais oh combien accueillante. Il ne perdit pas une goutte de mon sperme et, de l’autre côté, on ne me remit ma queue que lorsqu’il n’y avait plus rien à en
retirer. Me remettant à genoux, je lui rendis la pareille. J’aurais passé la nuit à sucer cette grosse queue, mais il se vida les gosses très vite lui aussi. La queue s’est retirée et j’ai compris que la partie était finie. Ce qui ne me semblait pas si mal pour une première fois. J’ai remonté mon pantalon, me suis recoiffé et je suis sorti de la cabine comme si je sortais d’un confessionnal. Je me suis dirigé vers le lavabo afin de me laver les mains, tel un Ponce Pilate. Le déclic d’une barrure s’est fait entendre. La porte de mon voisin s’est entrebâillée et j’ai vu, à ma grande
stupeur, la tête de mon oncle Burt se profiler pour me dire :
—Va pas raconter ça à ta mère…
Gaby de Gaspé